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LEON DELACHAUX ET LA FILIATION

Si la maternité est omniprésente dans l’iconographie de l’art occidental, la paternité est plus rarement évoquée en peinture.
Dans l’œuvre de Léon Delachaux, les femmes occupent une large place, mères, femmes au travail, dames du monde, jeunes femmes, jeunes filles ou encore Pauline, son épouse, mille fois modèle.
Néanmoins, la représentation du fils, du père et du grand-père que l’on y rencontre est émouvante. Elle fait sans doute écho à son histoire familiale.

Né hors mariage, Léon Delachaux est reconnu par ses parents Louis-Auguste et Mélanie un an plus tard. Mélanie met ensuite au monde quatre filles qui ne survivent pas. Tous deux horlogers, l’infortune les accable. Désespéré de ne pouvoir nourrir sa famille, Louis-Auguste se noie dans le Doubs en 1855, Léon a cinq ans.

Vingt ans plus tard, il devient père à son tour. Installé depuis quelques années dans sa ville d’adoption, Philadelphie, il y épouse Pauline Noël. Un an après la naissance de Clarence, leur unique enfant, Léon découvre la peinture et s’inscrit à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts.

Baptisé Clarence-Léon, ce fils bien-aimé est évoqué dans les lettres de Delachaux à Carol Storck, son ami sculpteur, en août 1882 : « He has been very nice here lately […] He tells me to put a kiss in the letter for you. » (1)
Il ajoute, un mois plus tard : « Clarence is splendid, a gaming devil, send you in photo. » (2)
Storck réalise une gravure de ce cher enfant en 1879. (Fig. 1)

Clarence Delachaux par Carol Storck

Fig. 1 : Carol Storck, « My young friend Clarence Delachaux Phila 79 », 1879,
eau-forte, Bucarest, Académie Roumaine, département des estampes, inv. 20395.

L’artiste aime à représenter son fils au crayon, à l’aquarelle ou à l’huile, comme ici (Fig. 2, 3 et 4) :

Léon Delachaux, "Clarence Delachaux, six ans, Philadelphie"

Fig. 2 : Léon Delachaux, « Clarence Delachaux, six ans, Philadelphie », 1881,
34,2 x 26,2 cm, aquarelle et rehauts de gouache sur papier, collection particulière.
© Stéphane Briolant

Celui-ci, (Fig. 3), annoté affectueusement Clarence Delachaux my boy, date de leur retour en France, en 1884.

Fig. 3 : Léon Delachaux, "Clarence Delachaux, my boy", 1884, pierre noire, collection particulière. Fig. 4 : Léon Delachaux, "Portrait de Clarence Delachaux", 1887, huile sur panneau, collection particulière.

Fig. 3 : Léon Delachaux, « Clarence Delachaux, my boy », 1884, pierre noire, collection particulière.
Fig. 4 : Léon Delachaux, « Portrait de Clarence Delachaux », 1887, 39,5 x 31,8 cm, huile sur panneau, collection particulière.
© Stéphane Briolant

Delachaux s’intéresse également à la mise en scène où le père, centre de la famille, est porteur de protection et de tendresse.
Dans La famille du cordonnier (Fig. 5), la représentation du père se fait autour de son métier ; sa femme le regarde avec admiration, tenant sur ses genoux sa fillette endormie. C’est la présence de la mère portant son enfant dans ses bras qui institue le père de famille. La composition est ici centrée sur les mains du père, dans un effet de lumière qui l’enveloppe et met en valeur son rôle.

Léon Delachaux, "La famille du cordonnier", circa 1909, huile sur toile, Saint-Amand-Montrond, musée Saint-Vic.

Fig. 5 : Léon Delachaux, « La famille du cordonnier », circa 1909, 73 x 60 cm,
huile sur toile, Saint-Amand-Montrond, musée Saint-Vic.
© Fonds de dotation Léon Delachaux – Photo Stéphane Briolant DR

Conservée au musée d’Art et d’Histoire de Genève, Elle dort déjà (Fig. 6), présente une jeune fille tenant sur ses genoux sa petite sœur endormie. A ses côtés, le père, botteleur d’asperges, veille sur la scène. Un critique de l’époque indique qu’il « s’interrompt dans son travail et, les mains sur les genoux, retenant son souffle, contemple en extase cette enfant si sage, si raisonnable, qui daigne s’endormir sans crier. » Le lien intime entre cet homme et sa famille est matérialisé par le regard qu’il lui porte.
 La scène est emplie de paix et de douceur.

Léon Delachaux, « Elle dort déjà », 1886, huile sur toile, Genève, musée d’Art et d’Histoire. Photo : Bettina Jacot Descombes.

Fig. 6 : Léon Delachaux, « Elle dort déjà », 1886, 59,2 x 68,5 cm, huile sur toile,
Genève, musée d’Art et d’Histoire.
© Musée d’Art et d’Histoire, Ville de Genève (Inv 1886-0027)
Photo : Bettina Jacot-Descombes

Dans cet intérieur d’Aubigny-sur-Nère (Cher), l’artiste centre sa composition sur la relation entre un père et ses enfants : un homme montre à son fils et à sa fille comment écaler un œuf de Pâques (Fig. 7). L’homme, à la mine joviale, sourit et prend plaisir à transmettre son savoir-faire à ses enfants, particulièrement attentifs. 
Ce lien fort avec l’enfance se retrouve fréquemment au long de l’œuvre de Delachaux.

Fig. 7 : Léon Delachaux, "A Pâques", circa 1892, huile sur panneau, Neuchâtel, musée d’Art et d’Histoire. © Musée d’Art et d’Histoire, Neuchâtel (Suisse)

Fig. 7 : Léon Delachaux, « A Pâques », circa 1892, 46,1 x 55,7 cm, huile sur panneau,
Neuchâtel, musée d’Art et d’Histoire.
© Musée d’Art et d’Histoire, Neuchâtel (Suisse)

C’est au travers des dessins que l’artiste nous dévoile toute la profondeur de l’amour paternel. Les feuilles de Montmartre que voici nous montrent (Fig. 8, 9 et 10), tel une madone, un père serrant son nourrisson contre lui. Calme et sérénité se dégagent de ces instants volés sur le vif. Ils avouent les tendresses du peintre.

Fig. 8 : Léon Delachaux, "Homme tenant un bébé sur son genou, étude", 1897, pierre noire, 26,6 x 21 cm, collection particulière. Fig. 9 : Léon Delachaux, "Homme assis avec bébé sur ses genoux", 1897, pierre noire, 37,5 x 26,5 cm, collection particulière. Fig. 10 : Léon Delachaux, "Homme tenant son petit-fils dans les bras", 1898, pierre noire, 32 x 24 cm, collection particulière.

Fig. 8 : Léon Delachaux, « Homme tenant un bébé sur son genou », 1897, pierre noire, 26,6 x 21 cm, collection particulière.
Fig. 9 : Léon Delachaux, « Homme assis avec bébé sur ses genoux », 1897, pierre noire, 37,5 x 26,5 cm, collection particulière.
Fig. 10 : Léon Delachaux, « Homme tenant son petit-fils dans les bras », 1898, pierre noire, 32 x 24 cm,
collection particulière.
© Stéphane Briolant

Cette présence paternelle, l’artiste la prolonge lorsqu’il devient grand-père, comme le soulignent ces lignes à son ami le peintre François Guiguet en juin 1917 :
« Je pense à la fin du mois ou au commencement de septembre aller à Grez voir toute notre famille. Cela va être une grande fatigue et en même temps un soleil, ainsi qu’une grande joie. J’ai reçu aujourd’hui des photos de tous ces petits diablotins dans des mouvements drôles. Ils sont la joie de nous tous. » (4)
Ces deux clichés (Fig. 11 et 12) que nous possédons sont pris en 1914. Clarence vient d’acheter la grande maison de Grez, au bord du Loing. Mais, mobilisé, il confie sa famille à son père qui l’emmène alors chez lui à Saint-Amand-Montrond (Cher). Les deux aînés de Clarence, Philippe et Robert, trouvent auprès de leur aïeul une attention, une affection naturelles.

Fig. 11 : Léon Delachaux et son petit-fils, Philippe à Saint-Amand-Montrond, 1914, photographie, collection particulière. Fig. 12 : Léon Delachaux donnant le biberon à son petits-fils Robert sous le regard de Philippe et de leur nourrice à Saint-Amand-Montrond, 1914, photographie, collection particulière.

Fig. 11 : Léon Delachaux et son petit-fils Philippe à Saint-Amand-Montrond, 1914, photographie, collection particulière.
Fig. 12 : Léon Delachaux donnant le biberon à son petits-fils Robert sous le regard de Philippe et de leur nourrice
à Saint-Amand-Montrond, 1914, photographie, collection particulière.
© Stéphane Briolant

La perte prématurée de ses quatre sœurs (5) a sans doute profondément marqué le jeune Léon. Ainsi, l’enfant meurtri par tant de tragédies arrive-t-il à reconstituer au long de sa vie ce qu’il a perdu : une famille. Il nous transmet à son insu son profond désir d’être lié, responsable et entouré des siens.

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(1) : Bucarest, Académie Roumaine, département des manuscrits, Lettre de Léon Delachaux à Carol Storck, Philadelphie, août 1882. Cote S5 (5) CCCXXXIV
(2) : Bucarest, Académie Roumaine, département des manuscrits, Lettre de Léon Delachaux à Carol Storck, Philadelphie, le 16 septembre 1882. Cote S5 (6) CCCXXXIV
(3) W. S., “Salon suisse des beaux-arts et des arts décoratifs” in Le Journal de Genève, no. 238, 9 octobre, 1886.
(4) Corbelin, Maison Ravier, Lettre de Léon Delachaux à François Guiguet, Saint-Amand-Montrond, 7 juin, 1917.
(5) Valérie-Eugénie (1851-1860) à l’âge de neuf ans ; Léonie-Athénaïse (1853-1854) à l’âge d’un an ; Marie-Bertha (1854-1854) à l’âge de deux mois ; Adèle-Athénaïse (1855-1860) à l’âge de cinq ans.

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LES EXPOSITIONS INTERNATIONALES DE LEON DELACHAUX : AMERIQUES, EUROPE, ASIE

« Art can be made great anywhere, it is not the place, it is the man »
30 juillet 1881, lettre à Carol Storck

Avril 2021 : à l’heure où nous écrivons ces lignes, l’art dans les salons et les musées est devenu inaccessible. Quelque peu en manque de visites et de voyages, les historiens d’art du Fonds de Dotation Léon Delachaux se sont penchés sur les itinéraires des œuvres de l’artiste, nous emmenant avec elles autour du monde. C’est un éclairage plus vaste sur les circuits commerciaux et artistiques d’un homme qui prenait soin de son travail et aimait le montrer.

La carte interactive des expositions de Delachaux est mise à jour au gré de nos découvertes. Elle illustre l’état de nos recherches sur ce thème et offre une perspective nouvelle sur la vie et l’œuvre de l’artiste.
Elle permet de constater l’engagement de Delachaux vis-à-vis des salons officiels, des galeries ou des commissaires d’expositions pour l’étranger. De 1879 à 1918, il développe un réseau national et international impressionnant, prenant part à plus de deux cents expositions dans le monde.
Nous vous invitons à les parcourir.

Carte interactive des expositions auxquelles a participé Léon Delachaux de son vivant

Carte interactive des expositions auxquelles a participé Léon Delachaux de son vivant

C’est à 26 ans que Delachaux a la révélation de la peinture. Il est alors visiteur lui-même de la retentissante Exposition universelle de Philadelphie de 1876. Il y découvre les peintres de l’Ecole de Barbizon, le flambeau de la statue de la Liberté de Bartholdi, ou encore la Brodeuse de Jules Dalou.
Son activité d’exposant s’étend sur une quarantaine d’années, de 1879 à Philadelphie – date de la première exposition connue – jusqu’à 1918, à Paris, peu avant de s’éteindre. De ses débuts Outre-Atlantique, nous retenons des intérieurs bourgeois vivants et colorés ou des portraits de Noirs américains. De retour en France, son style évolue vers la simplicité de la vie paysanne, utilisant des tonalités subtiles et délicates ; il se révèle par ailleurs un excellent portraitiste tout au long de sa carrière.
Naturalisé américain en 1883, c’est dans cette catégorie qu’il commence à exposer.
Chaque année, Delachaux participe au Salon des Artistes Français puis au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts et prend part aux Expositions universelles de Paris (1889 et 1900), Chicago (1893), Saint-Louis (1904), Bruxelles (1910), Gand (1913) ou encore San Francisco (1915).

Quelques expositions universelles auxquelles Léon Delachaux a participé

Quelques expositions universelles auxquelles Léon Delachaux a participé

Ses œuvres sillonnent la France grâce au dynamisme des Sociétés des Amis des Arts. L’Europe lui ouvre également ses portes à l’occasion de présentations d’œuvres d’artistes français et d’expositions de peintures internationales.
De 1886 à 1903, il se joint aux expositions collectives et itinérantes organisées par la Société Suisse des Beaux-Arts, dites Turnus. On le remarque aux expositions de la Société des Amis des Arts de Neuchâtel et de La Chaux-de-Fonds – son berceau familial – tout comme à l’Exposition nationale des Beaux-Arts de Berne et à l’Exposition municipale des Beaux-Arts de Genève. Delachaux participe ainsi à près de 50 manifestations en Suisse, pays dans lequel il a le plus exposé, après la France.

A gauche : « Le Crux Ave à Pâques », 1887, huile sur toile, Kunsthaus Zürich (Suisse).  Expositions : 1887, Paris, Salon des Artistes Français - 1888, New York, Prize Fund Exhibition - 1888 Philadelphie, PAFA 58th annual exhibition - 1889, Zurich, Schaffhouse et Bâle, Turnus

« Le Crux Ave à Pâques », 1887, huile sur toile, Kunsthaus Zürich (Suisse).
Expositions : 1887, Paris, Salon des Artistes Français – 1888, New York, Prize Fund Exhibition
1888, Philadelphie, PAFA 58th annual exhibition – 1889, Zürich, Schaffhouse et Bâle, Turnus.
© 2016, Kunsthaus Zürich (Suisse)

Une de ses œuvres s’exporte en 1902 en Asie, à Hanoï, où se tient l’exposition souhaitée par Paul Doumer afin de glorifier la nouvelle capitale de l’Indochine française. D’autres voyagent jusqu’en Amérique du Sud, comme sa Costurera pour l’Exposición Internacional de Bellas Artes de Santiago du Chili en 1910 ; elle y est toujours conservée.

Restée dans l’ombre pendant un siècle, comme celle de nombreux peintres naturalistes pourtant talentueux, l’œuvre de Delachaux a connu une réelle reconnaissance en son temps.
En témoignent le nombre d’expositions auxquelles il a participé, tout comme les œuvres acquises par l’État de son vivant et celles présentes dans les collections publiques internationales, encore trop peu connues aujourd’hui.

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DELACHAUX, FEUILLES DE MONTMARTRE, 1888 – 1919

« M. Delachaux, coloriste, même avec le crayon noir »
Journal de Genève, 12 février 1889

En 1888, le peintre Léon Delachaux s’installe à Paris, rue Durantin, au pied de la butte Montmartre. Il gardera jusqu’à sa mort ce pied-à-terre modeste qui lui sert d’atelier et, plus tard, de port d’attache entre ses villégiatures.
Il se mêle à la vie du village où les familles d’artisans et d’ouvriers cohabitent avec les artistes du Bateau-Lavoir.
Clarence, son fils unique, étudie au lycée Chaptal. Léon expose en France, en Suisse, en Europe, aux États-Unis. Mais c’est au Louvre qu’il se sent appelé, écrit-il à son ami peintre saint-amandois Théogène Chavaillon : « Je commence à sentir le besoin de revoir un peu le Louvre c’est si beau et l’on est si bien chez soi dans ces belles salles parmi ces chefs d’œuvre. » (1)

L’ensemble de son œuvre en témoigne, Léon Delachaux est un peintre de l’intimité. Ses feuilles et carnets nous révèlent son attention assidue à ce qui est vivant et le touche.
De multiples dessins de lui nous sont connus de ses haltes dans les rues, les squares, où il croque inlassablement ceux qu’il voit : conversations, scènes de famille, moments volés… Même malade : « je suis encore cloué dans mon lugubre atelier je passe mon temps à dessiner ! » (2)

Son sens de l’observation, son goût pour la vie simple sont tout entier présents dans les esquisses réalisées au square Saint-Pierre dans les années 1890.

Léon Delachaux (1850-1919), "Square Saint-Pierre, Montmartre"

Léon Delachaux (1850-1919), « Square Saint-Pierre, Montmartre »

Léon Delachaux (1850-1919), "Square Saint-Pierre, Montmartre"

Léon Delachaux (1850-1919), « Square Saint-Pierre, Montmartre »

Léon Delachaux (1850-1919), "Square Saint-Pierre, Montmartre"

Léon Delachaux (1850-1919), « Square Saint-Pierre, Montmartre »

Léon Delachaux (1850-1919), "Square Saint-Pierre, Montmartre"

Léon Delachaux (1850-1919), « Square Saint-Pierre, Montmartre »

L’intérêt que Léon Delachaux porte à la représentation rigoureuse du paysage urbain nous est connu par des dessins très aboutis représentant la rue Saint-Vincent ; ses contreforts puissants abritent toujours les vignes du Clos-Montmartre depuis le Xe siècle.
D’autres représentent la rue de l’Abreuvoir, qu’évoque Gérard de Nerval, dès 1854 : « Ce qui me séduisait avant tout dans ce petit espace abrité par les grands arbres du château des Brouillards, c’est […] le voisinage de l’abreuvoir qui, le soir, s’anime du spectacle des chevaux et des chiens que l’on baigne. ».
Ses chèvres, ébauchées à l’aquarelle, nous rappellent que la Butte était la campagne.

La Rue Saint-Vincent I, 1896. Dessin, 39 x 29 cm. La Rue Saint-Vincent II, 1896. Dessin, 38 x 24 cm. Etude de chèvres, Montmartre, 1885. Aquarelle et crayon graphite sur papier vélin, 10,4 x 15,5 cm. Collection particulière

Léon Delachaux (1850-1919)
« La Rue Saint-Vincent I » et « La Rue Saint-Vincent II », 1896. Dessins, 38 x 24 cm et 39 x 29 cm.
« Etude de chèvres, Montmartre », 1885. Aquarelle et crayon graphite sur papier vélin, 10,4 x 15,5 cm.
Collection particulière

En 1889 – année de l’Exposition Universelle – Buffalo Bill débarque en France avec des centaines d’hommes et de chevaux pour présenter son « Wild West Show » et installe son campement sur la Butte. Une aquarelle de Delachaux, dédicacée à son ami François Guiguet (1860-1937) représente ce lieu historique, comme l’indique la mention manuscrite, au verso de la feuille :
« Vue prise rue Caulaincourt où Buffalo, le voleur, demeurait, avant les constructions. »

Léon Delachaux, Paysage, Souvenir de la Butte

Léon Delachaux (1850-1919), « Paysage, Souvenir de la Butte »
Aquarelle sur papier, 25,5 x 36 cm. Collection particulière

François Guiguet et Léon Delachaux, tous deux montmartrois, sont voisins et deviennent amis.
Ils correspondent régulièrement jusqu’en 1918. Leurs échanges nous révèlent l’importance qu’ils accordent au dessin. Ils exposent ensemble au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts, salués par la critique : « M. Guiguet, (…) une vérité d’analyse qui va parfois jusqu’à l’indiscrétion. Ses dessins à la sanguine sont parmi les plus beaux que l’on connaisse dans l’école contemporaine, avec ceux de Dagnan-Bouveret et de M. Delachaux. » (3) et (4)

MOSAIQUE-AMIS

François Guiguet (1860-1937), « Jeanne pensive », 1918,
pierre noire et sanguine sur papier, 37 x 26,5 cm. Collection particulière
Pascal Dagnan-Bouveret (1852-1929), « Femme au voile »,
pierre noire et sanguine sur papier, 27 x 19 cm. Collection particulière
Léon Delachaux (1850-1919), « Jeune fille pensive de profil », 1916,
pierre noire et sanguine sur papier, 30 x 35 cm. Collection particulière

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(1) : Lettre de Léon Delachaux à Théogène Chavaillon, de Saint-Amand-Montrond, le 18 janvier 1906. Archives Chavaillon.
(2) : Lettre de Léon Delachaux à Théogène Chavaillon, de Paris, rue Durantin, le 8 ou 9 mars 1902. Archives Chavaillon.
(3) : Léandre Vailéat, « Au sujet des Salons de 1912 », Le Correspondant, 1912, 84ème année, tome 247, Paris, Bureaux du Correspondant, p. 71.
(4) Pascal Dagnan-Bouveret (1852-1929) fut le maître de Léon Delachaux entre 1883 et 1884.

 
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27 JANVIER 1919 > 27 JANVIER 2019 : CENTENAIRE DE LA MORT DE LEON DELACHAUX

Célébrer le centenaire de la mort de Léon Delachaux, c’est aussi célébrer ses lieux de vie.
C’est à Montmartre et Saint-Amand-Montrond (Cher) que le peintre a séjourné le plus longtemps. L’empreinte de son passage est désormais gravée dans la pierre.

Léon Delachaux, "Autoportrait au manteau" (détail), circa 1885, craie noire. Collection privée

Léon Delachaux, « Autoportrait au manteau » (détail),
circa 1885, craie noire. Collection privée

Le 21 septembre 2019, la plaque posée sur la façade de la maison-atelier de Léon Delachaux, au 65 avenue Jean-Jaurès, à Saint-Amand-Montrond a été inaugurée sous le soleil d’automne. L’artiste y a résidé régulièrement de 1900 à 1919. Madame Menonville, l’actuelle propriétaire de la maison, Thierry Vinçon, le maire de Saint-Amand-Montrond, Marie Delachaux, la présidente du Fonds de Dotation Léon Delachaux et Guillaume Delachaux, son frère et arrière-petit-fils de l’artiste, ont procédé à son dévoilement. Après la cérémonie, le musée Saint-Vic a accueilli les invités pour un cocktail au milieu des seize œuvres de Léon Delachaux qu’il conserve.

Le 28 septembre 2019, c’est à Montmartre, sur la façade du 20 rue Durantin, qu’a été posée la plaque en mémoire des années parisiennes de Léon Delachaux. En 1888, c’est ici, à quelques pas du Bateau Lavoir que Léon et Pauline Delachaux s’installent afin de permettre à Clarence, leur fils unique, de poursuivre ses études au lycée Chaptal. Léon se mêle à la bohème de la Butte, se lie d’amitié avec Guido Sigriste, Luigi Chialiva, ami d’Edgar Degas, et François Guiguet. La famille reste attachée à Montmartre, y alternant ses séjours avec Saint-Amand-Montrond jusqu’à la mort de Léon en 1919.

Léon Delachaux est aujourd’hui entré dans l’espace public. Cela n’aurait pas été possible sans la coopération et la bienveillance de l’équipe du musée Saint-Vic, des hôtes de ces lieux, de nos élus et de leurs adjoints à la culture que nous remercions chaleureusement à nouveau.

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Photographies : © Cécile Burban
 
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EXPOSITION : « THE BANJO PLAYER » A POINTE-A-PITRE

Prêter des œuvres de Léon Delachaux à des expositions est une fructueuse occasion de faire connaître l’artiste et un des objectifs du Fonds.

L’été 2019, il a pu offrir au Banjo Player – œuvre emblématique de Delachaux – la chance de voyager outre-Atlantique pour prendre place à la magnifique exposition organisée par le Mémorial ACTe de Pointe-à-Pitre, « Le modèle noir : de Géricault à Picasso ». Dans ce lieu symbolique, un hommage lumineux est rendu à ceux qui, victimes de la folie humaine, ont perdu l’espoir et la vie, ont survécu, se sont dressés pour la liberté.

Léon Delachaux dans l'exposition "Le modèle noir : de Géricault à Picasso"

« Le modèle noir : de Géricault à Picasso » au Mémorial ACTe de Pointe-à-Pitre,
le 11 octobre 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’accueil que nous a réservé Jacques Martial, Président du Mémorial ACTe et commissaire de l’exposition, restera dans nos mémoires. Citant Aimé Césaire, son commentaire éclairé et puissant nous a fait découvrir les figures majeures mises en scène.

Marie Delachaux et Jacques Martial devant "The Banjo Player" de Léon Delachaux

Jacques Martial, Président du Mémorial ACTe, et
Marie Delachaux, Présidente du Fonds de Dotation
Léon Delachaux devant « The Banjo Player »
de Léon Delachaux, le 11 octobre 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cadencé, le Banjo Player initie sur sa cimaise la section « En scène » de l’exposition où les rythmes et les mouvements afro-américains ont révolutionné les Etats-Unis et l’Europe. Le jazz et Joséphine Baker ont fait danser le monde et changé la vision des hommes.

Voisinant avec Alexandre Dumas, Joseph (modèle noir du Radeau de la Méduse de Géricault), la splendide Vénus africaine de Cordier, l’hommage contemporain de Jean-Pierre Schneider à l’Olympia de Manet et beaucoup d’autres, le Banjo Player, en s’intégrant à l’histoire, acquiert une autre profondeur. Nous avons été touchés d’apprendre que le public guadeloupéen s’est identifié au Banjo Player, comme à un proche parent.

Léon Delachaux - The Banjo Player

Léon Delachaux, « The Banjo Player », 1881
Huile sur toile, 42,5 x 28,8 cm
Collection du Fonds de Dotation Léon Delachaux
© Stéphane Briolant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après le succès remporté à la Wallach Art Gallery de New York et au Musée d’Orsay à Paris, l’exposition « Le Modèle Noir » a achevé son itinérance au Mémorial ACTe de Pointe-à-Pitre le 29 décembre 2019. Le Fonds de Dotation Léon Delachaux tient à remercier à nouveau Jacques Martial et son équipe d’avoir accueilli le Banjo Player sur ses cimaises.

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EXPOSITION : LE MUSEE FOURNAISE ACCUEILLE UN DELACHAUX

Jusqu’au 4 novembre 2018, le musée Fournaise de Chatou présente l’exposition L’Âge de raison vu par les peintres au XIXe siècle.
Elle met en lumière des œuvres illustrant la jeunesse entre sept et douze ans, réalisées sur la période de 1830 à 1914.
Delachaux y côtoie Dehodencq, Lebasque, Muenier, Valadon ou encore Bonvin.

Musée Fournaise de Chatou

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Fonds de Dotation Léon Delachaux est très heureux que The Affectionate Mother fasse partie des œuvres sélectionnées pour illustrer la thématique de l’enfance heureuse, si chère à l’artiste.
En 1883, Léon Delachaux représente Pauline et Clarence à la veille de leur retour en Europe. Clarence observe avec l’attention de ses huit ans sa mère, Pauline, réparer son petit voilier. Symbole de leur départ imminent, le modèle réduit arbore le drapeau américain. Le titre The Affectionate Mother, inscrit au dos du tableau par l’artiste lui-même, traduit les sentiments du peintre pour ces deux êtres.

Delachaux Affectionate Mother musee Fournaise

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
Anne Galloyer, conservatrice du musée Fournaise de Chatou et Marie Delachaux, présidente du Fonds de Dotation Léon Delachaux entourent The Affectionate Mother.
The Affectionate Mother, 1883, huile sur toile, 46 x 36 cm. Collection particulière.

 

Informations pratiques :
L’Âge de raison vu par les peintres au XIXe siècle
Jusqu’au 4 novembre 2018
Musée Fournaise - Ile des Impressionnistes - 78400 Chatou
+33 (0)1 34 80 63 22 – www.musee-fournaise.com

 
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DELACHAUX AU CHILI

Entré à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts de Philadelphie en 1876 sous l’égide de Thomas Eakins, Léon Delachaux expose aux États-Unis à partir de 1879. Il y exposera jusqu’en 1915, de la côte est à la côte ouest.

Ses œuvres ne s’arrêtent pas à San Francisco et voyagent avec les grandes expositions internationales qui se tiennent en Amérique du Sud au début du XXe siècle.

Newsletter Chili

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Léon Delachaux, La Lingère (Costurera), (détail). Chili – Santiago – Museo Nacional de Bellas Artes

C’est ainsi qu’en 1910 s’est tenue à Santiago l’Exposición Internacional del Centenario, célébrant le centenaire de l’indépendance du Chili. Le journaliste chilien Alberto Mackenna Subercaseaux, intellectuel d’origine française, en fut l’un des instigateurs et le commissaire principal. Dans son livre Luchas por el Arte, il relate son voyage en Europe et y soutient l’idée, très répandue parmi les élites chiliennes de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, d’éduquer le goût national chilien grâce aux modèles européen et nord-américain.

Museo Nacional de Bellas Artes de Santiago de Chile

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chili – Santiago – Museo Nacional de Bellas Artes

Parmi les 1 600 œuvres internationales exposées, 65 œuvres françaises sont acquises par le musée. La transaction a lieu par l’intermédiaire du Comité permanent des Expositions françaises à l’étranger que préside le peintre Léon Bonnat (1833-1922).

La lingère (Costurera), en fait partie.

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Léon Delachaux, La Lingère (Costurera), c. 1909, huile sur toile, 63,5 x 51 cm. Chili – Santiago – Museo Nacional de Bellas Artes

Natalia Keller, chargée de recherche au Département des Collections du musée des Beaux-Arts de Santiago, la commente en ces termes :
« La couturière est assise dans un intérieur modeste, rempli d’objets du quotidien : des bols et des pots disposés sur une table à tiroir, des accessoires de couture sur une chaise, une grande pendule murale, et sur le mur du fond qu’on distingue à peine, un miroir. Le tableau représente l’archétype de la femme modèle au foyer, qui correspondait au rôle de la femme dans la société, tel qu’il était défini par les autorités de la nouvelle république chilienne du début du siècle. »

En janvier 2017, Natalia Keller reçoit Marie Delachaux, Présidente du Fonds de Dotation Léon Delachaux, au Museo Nacional de Bellas Artes et lui dévoile l’œuvre de son arrière-grand-père. Un partenariat entre Santiago et Paris est né de cette rencontre.

Marie-Delachaux_and_Natalia-Keller

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Natalia Keller et Marie Delachaux, janvier 2017. Chili – Santiago – Museo Nacional de Bellas Artes
 
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PHILADELPHIA, NAISSANCE D’UN PEINTRE

Ville de l’amitié fraternelle, Philadelphie, capitale des arts au XIXe siècle aux États-Unis, est la cité où Léon Delachaux fonde sa famille et découvre sa vocation.

Léon+Pauline+Clarence

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

Autoportrait au manteau (détail). Craie noire, 30 x 30 cm, collection privée
Portrait de Pauline en chapeau (détail), 1894. Pastel sur papier marouflé sur toile, 56 x 47 cm, collection privée
Portrait de Clarence Delachaux (détail), 1887. Huile sur panneau, 39,5 x 31,8 cm, collection privée
Photographies : Stéphane Briolant

Philly ne se contente pas d’être la ville des arts et la ville douceur, elle conserve en son cœur les fondements de son peuple : la Déclaration d’Indépendance du 4 juillet 1776 et la Constitution de 1787.

En 1875, Delachaux y épouse Marie-Apolline Noël, émigrée de France comme lui, qui lui donne leur unique fils, Clarence.

En 1876 Delachaux est recensé comme graveur sur boîtiers de montres.
Cette année-là se tient à Philadelphie la Centennial International Exhibition (l’Exposition universelle). C’est là, à 26 ans, qu’il a le choc de la peinture. Il entre à la Pennsylvanian Academy of the Fine Arts (P.A.F.A.).

Un homme, un peintre est né.

Avec sa famille, Léon Delachaux habite un studio au n°1934 de la Locust Street, studio qu’il partage avec un autre étudiant de la P.A.F.A., le sculpteur roumain Carol Storck. Il y peint ses modèles.
À la P.A.F.A., il suit les cours de Thomas Eakins, père du réalisme américain, un rien provocateur et controversé.

PAFA
Pennsylvania Academy of the Fine Arts, Philadelphie, PA

Delachaux expose aux États-Unis de 1880 à 1915 :
Louisville-KY, New-York-NY, Boston-MA, Philadelphie-PA, Indianapolis-IN, Pittsburg-PA, Saint Louis-MI.
À la P.A.F.A. de Philadelphie, ses œuvres sont présentes tant dans des expositions temporaires que permanentes.
Son collectionneur, Harrison Earl, prêtait à la P.A.F.A. ses collections ; six œuvres de Delachaux y ont ainsi été longuement exposées ensemble.

unfortunate accident
The Unfortunate Accident, circa 1880. Huile sur toile, 36,8 x 21,6 cm, collection privée
Photographie Stéphane Briolant

En 1883, c’est le marchand américain de Léon Delachaux qui finance le retour en France de toute la famille.
En contrepartie, le peintre doit renvoyer toutes ses œuvres peintes en France à Philadelphie.
C’est la raison pour laquelle beaucoup d’œuvres de Léon Delachaux sont aux États-Unis.

œuvres américaines
Summer (détail), 1881. Huile sur toile, 56 x 51 cm, collection privée
The Affectionate Mother (détail), 1883. Huile sur toile, 45,7 x 38,7 cm, collection privée
Grey Day at the Bridge in Grez (détail), 1885. Huile sur toile, 40,01 x 60,33 cm, collection privée
Photographies Stéphane Briolant

La nationalité de Delachaux trouble parfois les historiens. En effet, il naît en France, a la nationalité suisse par son père, est naturalisé américain en 1883 et recouvre la nationalité française en 1907, tout en gardant sa nationalité suisse, inaliénable !

C’est à Saint-Amand-Montrond, petite ville du centre de la France, qu’il décide d’acquérir, en 1900, une jolie maison-atelier où il passe ses vingt dernières années, tout en continuant son itinérance dans les campagnes françaises, ainsi qu’à Paris et à Grez-sur-Loing près de son fils Clarence et de sa famille.

Léon Delachaux s’éteint en 1919 ; il est inhumé à Grez-sur-Loing, aux côtés de son épouse.

AVIS DE RECHERCHE

Afin d'enrichir le Fonds
et continuer à constituer
le catalogue raisonné
de l'artiste, nous sommes
à la recherche de toute
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la vie ou l'œuvre
de Léon Delachaux.
N'hésitez pas à nous contacter ; la plus grande discrétion vous est garantie.

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